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N° 210 - Garder les morts vivants

Garder les morts vivants

Il s’agit d’explorer les imaginaires, les régimes du dicible et du visible, les enjeux de définition que la mort recouvre dans différents domaines : des hommages en ligne, sur la page Facebook d’une personne défunte ou sur une borne numérique érigée sur les lieux d’un attentat, à la définition du statut juridique des données à caractère personnel des personnes défuntes, en passant par les hommages aux célébrités décédées dans les grands médias. Chacun de ces domaines présente une même caractéristique : celle de représenter, d’écrire, de dire et donc de définir la mort. Cette entrée par les enjeux de sémiotisation, d’écriture et de représentation conduit à interroger la manière dont la mort se dessine, se donne à voir et se réalise dans différents dispositifs. Elle soulève en outre toute une série de questions sur le rôle du langage et de l’écrit (juridique, médiatique, numérique) dans la gestion de la part affective de la mort. Aussi ce numéro choisit-il d’aborder les modes d’évocation de la mort comme autant d’expressions sensibles, d’interventions saturées d'affect et de performances émotionnelles. Au travers de cette exploration, il rend compte de la place centrale des vivants dans la fabrique des morts, et de la dimension relationnelle de toute évocation publique de la mort. Il s’agit non seulement de maintenir la relation avec les disparus mais aussi de faire communauté avec les personnes possiblement affectées par un décès.

Élaboré à partir d’une réflexion sur les traces numériques post mortem, dans le sillage d’un projet ANR sur les Éternités numériques (2014-2018), ce numéro interroge la spécificité de l’objet mort et la façon dont l’attention portée à cet objet déplace les cadres classiques d’appréhension du sujet, de l’identité et de la communauté. Pour cela, il propose quatre contributions qui s’intéressent à la fois à la formulation juridique de la mort et aux pratiques d’hommages et d’adresses aux défunts lors de décès au retentissement collectif (à la suite des attentats de Madrid ou lorsqu’il s’agit d’une personnalité par exemple) ou intime (la perte d’un proche dans une famille, un cercle amical ou une communauté professionnelle ou de loisirs). Chacune de ces contributions se penche sur les dimensions visibles et saisissables de la mort et par contraste, de la vie, ainsi que de la relation au défunt et à ses proches. Le repérage des normes qui régissent ces hommages et ces communautés émotionnelles ouvre également la voie à une réflexion sur les rapports de pouvoir qui traversent ces communautés.
Ce numéro de Réseaux a été coordonné par Fanny Georges, Virginie Julliard, Nelly Quemener et Hélène Bourdeloie.

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